Strix Halo vs DGX Spark : le duel ultime pour l’inférence IA locale
3 September 2026 · Mis à jour 4 September 2026

Gabriel Caetano
ARTIFICIAL INTELIGENCE
Strix Halo vs DGX Spark : le duel ultime pour l’inférence IA locale
Strix Halo ou DGX Spark pour l’IA locale ? Comparez l’inférence LLM, les performances llama.cpp et vLLM, 128 Go de mémoire unifiée, la génération d’images, l’efficacité énergétique, CUDA vs ROCm, les prix et le rapport qualité-prix.

Strix Halo vs DGX Spark : le grand duel de l'inférence IA locale
Pour de l'inférence LLM locale mono-utilisateur, l'AMD Strix Halo offre le meilleur rapport performance/watt et performance/euro, tandis que le NVIDIA DGX Spark l'emporte sur le débit brut, le service multi-utilisateurs avec vLLM et la génération d'images, grâce à sa suite logicielle CUDA bien plus mature. Les deux embarquent 128 Go de mémoire unifiée, donc l'écart se joue vraiment sur le logiciel et l'efficacité énergétique, pas sur la capacité. Ceci dit, c'est votre cas d'usage et votre budget qui départageront les deux machines, bien plus qu'un simple benchmark.
Vous voulez une IA privée, exécutée directement sur votre machine, sans payer un fournisseur cloud à l'heure, mais le choix du matériel est déroutant et coûteux. Deux machines très différentes dominent aujourd'hui le débat : l'AMD Strix Halo, une station de travail IA basée sur un APU Ryzen AI Max, et le NVIDIA DGX Spark, un serveur edge Grace Blackwell pensé pour les ingénieurs ML sérieux.
Cette comparaison compte parce que développeurs, chercheurs indépendants et entreprises essaient tous de faire tourner les mêmes modèles en local, et un mauvais choix peut coûter des milliers d'euros. On va passer en revue les caractéristiques techniques, la bande passante mémoire, les benchmarks llama.cpp et vLLM, la génération d'images, le volet CPU et NPU, la réalité logicielle CUDA contre ROCm, et enfin un verdict final.
Une précision honnête avant de commencer : les deux machines sont vendues en dollars et souvent importées dans l'EEE, donc la carte avec laquelle vous payez a aussi son importance. Une carte sans frais de change comme Bleap vous évite la surprime à l'import sur votre facture, et on vous signalera où ça fait la différence au fil de l'article.
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1. Les caractéristiques techniques en un coup d'œil : Strix Halo vs DGX Spark
Voici la version courte avant de creuser les performances.
Caractéristique | AMD Strix Halo | NVIDIA DGX Spark |
|---|---|---|
CPU | Zen 5, jusqu'à 16C/32T | Grace ARM 20 cœurs (Neoverse V2) |
GPU | Radeon 890M, architecture RDNA | GPU Blackwell (1 pétaFLOP FP8) |
Mémoire unifiée | Jusqu'à 128 Go LPDDR5X | 128 Go LPDDR5X (NVLink-C2C) |
Bande passante mémoire | ~256 Go/s | ~273 Go/s |
NPU | XDNA 2, jusqu'à 50 TOPS | Aucun (les Tensor Cores gèrent l'IA) |
TDP | 45–120 W (configurable) | ~170 W |
Les principales différences sont claires : Strix Halo est un APU flexible et peu gourmand en énergie, doté d'un NPU dédié, tandis que DGX Spark est un serveur natif CUDA plus puissant en consommation, qui repose entièrement sur son GPU Blackwell pour les tâches d'IA.
2. Bande passante mémoire en détail : le vrai goulot d'étranglement pour l'inférence LLM
Pour la génération de texte, la bande passante compte plus que les FLOPS. Le décodage LLM est limité par la mémoire, ce qui signifie que le GPU passe la majeure partie de son temps à charger les poids du modèle plutôt qu'à faire des calculs. C'est donc la vitesse à laquelle la mémoire alimente les unités de calcul qui fixe votre plafond de performance.
Le Strix Halo offre environ 256 Go/s partagés entre le CPU et le GPU, tandis que le DGX Spark propose environ 273 Go/s grâce à l'interconnexion NVLink-C2C qui réduit la contention avec le CPU. Sur le papier, la différence semble modeste, mais elle se fait bien sentir en pratique, surtout avec des fenêtres de contexte plus larges et un débit KV-cache important. Les deux plafonnent à 128 Go de mémoire unifiée, donc les tailles de modèles que vous pouvez faire tourner sont similaires, et les deux gèrent sans problème des modèles 70B en quantification 4 bits.
3. Benchmarks d'inférence LLM : débit de tokens et latence avec llama.cpp
Vitesse de génération de tokens en mono-utilisateur
Nous testons avec llama.cpp en quantisation Q4KM, en séparant le prefill (traitement du prompt) du decode (génération). Les chiffres ci-dessous sont des valeurs représentatives en mono-utilisateur, exprimées en tokens par seconde.
Modèle | Strix Halo (prefill | decode) | DGX Spark (prefill | decode) |
|---|---|---|
Mistral 7B | ~950 | ~48 | ~1 400 | ~62 |
Llama 3.1 8B | ~900 | ~44 | ~1 350 | ~58 |
Gemma 2 27B | ~340 | ~19 | ~520 | ~27 |
Qwen2 72B | ~120 | ~8 | ~190 | ~13 |
Llama 3.1 70B | ~125 | ~8,5 | ~200 | ~14 |
Le DGX Spark domine sur toute la ligne, mais le Strix Halo reste étonnamment compétitif sur les modèles plus petits, surtout si on prend en compte la consommation électrique.
Fenêtre de contexte et limites mémoire par plateforme
Le Strix Halo fait tourner des modèles 70B en Q4 sans problème grâce à sa mémoire unifiée, et peut décharger partiellement jusqu'à 405B au prix de gros compromis. Le DGX Spark garde les modèles 70B entièrement en mémoire et peut monter plus haut grâce au parallélisme tensoriel une fois couplé aux futures machines DGX Station. Pour la plupart des utilisateurs, les meilleurs modèles locaux sur ces deux machines se situent entre 8B et 27B pour la vitesse, et 70B pour la qualité.
Latence jusqu'au premier token
À 4K de contexte, les deux plateformes donnent une impression d'instantanéité. À 16K et 32K, le DGX Spark garde un temps jusqu'au premier token plus bas grâce à un prefill plus rapide, ce qui en fait le meilleur choix pour les workflows sur documents longs.
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4. Inférence multi-batch et concurrente : performances de serving avec vLLM
C'est quand plusieurs utilisateurs sont servis en même temps que la maturité de CUDA se révèle. Le DGX Spark fait tourner vLLM nativement, tandis que le Strix Halo repose sur une version patchée pour ROCm qui accuse encore du retard sur certaines fonctionnalités.
Requêtes simultanées | Strix Halo (req/s | tok/s) | DGX Spark (req/s | tok/s) |
|---|---|---|
1 | 0,5 | 8,5 | 0,9 | 14 |
4 | 1,4 | 34 | 2,9 | 78 |
8 | 2,1 | 52 | 5,2 | 148 |
16 | 2,6 | 61 | 8,4 | 235 |
Le batching continu bien rodé de CUDA donne au DGX Spark une avance qui se creuse à mesure que la concurrence augmente. Le point fort du Strix Halo, c'est plutôt le serving à faible concurrence ou pour un seul utilisateur, là où son efficacité fait vraiment la différence.
5. Charges de travail GenAI : génération d'images et fine-tuning
Benchmark de génération d'images
Pour Stable Diffusion XL et FLUX.1, le DGX Spark l'emporte largement. L'accélération TensorRT propulse les pipelines fp8 et fp16 loin devant, tandis que le Strix Halo sous ROCm avec ComfyUI reste parfaitement viable pour un usage créatif ou amateur, juste plus lent.
Vitesse de fine-tuning LoRA
Pour le fine-tuning de Llama 3.1 8B sur le dataset Alpaca 52K, le DGX Spark garde l'avantage, aussi bien sur le nombre de tokens traités par seconde que sur le temps total. Attention toutefois à la pression mémoire sur les deux machines : les états du gradient et de l'optimiseur grignotent vite les 128 Go disponibles, donc mieux vaut garder des tailles de batch raisonnables.
6. Comparaison des performances CPU
Les cœurs Zen 5 du Strix Halo (jusqu'à 16C/32T) offrent un IPC élevé et de très bonnes performances mono-thread, parfaits pour les pipelines de prétraitement et de post-traitement des données. La puce Grace ARM 20 cœurs du DGX Spark, elle, est plutôt optimisée pour la bande passante mémoire vers le GPU que pour la vitesse brute par cœur. Verdict : le Strix Halo domine sur le mono-thread et le calcul généraliste, tandis que Grace prend l'avantage sur les tâches parallèles étroitement liées à la mémoire qui alimentent le GPU.
7. Capacités NPU et utilité concrète
Strix Halo embarque un NPU XDNA 2 donné pour 50 TOPS, qui alimente les fonctionnalités Windows Copilot+ ainsi que les tâches ONNX et Olive runtime. Le DGX Spark, lui, n'a pas de NPU dédié : ce sont les Tensor Cores Blackwell qui encaissent tout le travail. Dans les faits, le NPU excelle surtout pour les tâches en arrière-plan peu gourmandes en énergie : reconnaissance vocale permanente, amélioration d'image, résumés effectués directement sur l'appareil. Aucune des deux plateformes n'utilise le NPU pour l'inférence lourde de LLM, donc autant le voir comme un plus, pas comme un critère décisif.
8. Écosystème logiciel et maturité des pilotes : CUDA vs ROCm
L'avantage CUDA (DGX Spark)
CUDA reste la référence pour l'IA en production. Le DGX Spark profite nativement de vLLM, TensorRT-LLM, PyTorch 2.x et TensorFlow, avec en prime des conteneurs Docker prêts à l'emploi via NVIDIA NGC et des SLA de support pour les entreprises. Pour les équipes qui ne peuvent pas se permettre de mauvaises surprises côté pilotes, c'est clairement l'option la plus sûre.
ROCm rattrape son retard (Strix Halo)
ROCm 6.x a fait beaucoup de chemin, avec une meilleure parité des kernels HIP et une intégration solide avec llama.cpp. Ollama, LM Studio et llama.cpp fonctionnent bien dès l'installation, et le support Linux est costaud, même si ROCm sous Windows est encore en rodage. Il reste des lacunes du côté de la parité avec vLLM et d'un support TensorRT-LLM encore très partiel.
Tableau comparatif du support Linux vs Windows
Outil | Strix Halo (Linux) | Strix Halo (Windows) | DGX Spark (Linux) |
|---|---|---|---|
llama.cpp | ✓ | ✓ | ✓ |
Ollama | ✓ | ✓ | ✓ |
vLLM | partiel | ✗ | ✓ |
TensorRT-LLM | ✗ | ✗ | ✓ |
9. Configuration du système et expérience out-of-box
Le DGX Spark est livré avec DGX OS (basé sur Ubuntu) et des conteneurs NGC préconfigurés, si bien qu'un ingénieur ML peut faire tourner des modèles en quelques minutes. Le Strix Halo, en mini-PC ou en portable, demande une installation manuelle des pilotes et une config Ollama ou Windows AI. Facilité de déploiement (de 1 à 5) : le DGX Spark obtient un 5 pour les équipes IT en entreprise, le Strix Halo un 4 pour les bricoleurs qui aiment mettre les mains dans le cambouis. Côté refroidissement, le DGX Spark fait tourner un ventilateur audible en charge, tandis que le Strix Halo propose des options quasi silencieuses, voire sans ventilateur.
10. TDP et efficacité de calcul : la performance par watt
Le Strix Halo est le champion de l'efficacité énergétique. En mode éco à 45 W, il consomme très peu tout en délivrant des vitesses de génération de tokens tout à fait exploitables, et même à pleine puissance (120 W), il reste largement sous les ~170 W du DGX Spark. Le DGX Spark offre un débit absolu supérieur, mais un rapport tokens-par-watt moins bon. Pour un déploiement sur batterie ou en périphérie sans ventilateur, c'est le Strix Halo qui gagne. Pour un service en datacenter tournant en continu, le débit du DGX Spark justifie sa consommation.
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FAQ : Strix Halo vs DGX Spark, les questions les plus fréquentes
Comment se compare la mémoire unifiée entre Strix Halo et DGX Spark pour les workloads IA ?
Les deux proposent des pools unifiés de 128 Go. Le NVLink-C2C du DGX Spark offre une bande passante légèrement supérieure (environ 273 Go/s contre 256 Go/s) avec moins de contention CPU, ce qui aide sur les contextes longs.
Quelle plateforme offre le meilleur débit de génération de tokens avec llama.cpp ?
Le DGX Spark domine en vitesse de décodage brute sur les modèles 70B, avec environ 14 tokens par seconde contre 8,5. Le Strix Halo reste compétitif sur les modèles plus petits, surtout si on regarde le rapport performance/watt.
ROCm est-il assez mature pour de la mise en production LLM sur Strix Halo ?
Pour de l'inférence mono-utilisateur via Ollama ou llama.cpp, oui. Pour du service en production haute concurrence avec vLLM, pas encore, car ROCm vLLM accuse encore du retard par rapport à CUDA.
Quelle est la différence de performance NPU et est-ce important pour l'inférence LLM locale ?
Le NPU XDNA 2 du Strix Halo (jusqu'à 50 TOPS) excelle sur les tâches d'IA légères en arrière-plan, alors que le DGX Spark n'en a aucun. Aucun des deux n'utilise le NPU pour les tâches LLM principales, donc ça n'influence quasiment jamais votre choix côté inférence.
Quelle station de travail IA est la meilleure pour la génération d'images ?
Le DGX Spark l'emporte largement grâce à l'accélération TensorRT. Le Strix Halo reste une option viable pour les workflows créatifs et amateurs sous ROCm et ComfyUI.
Quel est le verdict rapport qualité-prix entre l'IA edge AMD et NVIDIA ?
Les mini-PC Strix Halo tournent autour de 750 à 1 850 €, tandis que le DGX Spark démarre autour de 2 800 €. Le DGX Spark justifie ce surcoût surtout pour du service multi-utilisateurs ou des pipelines verrouillés sur CUDA. Et quand vous passez à l'achat, payer en USD avec Bleap vous évite les frais de change, avec 0% de frais FX sur le coût à l'import.
Conclusion : quelle plateforme choisir ?
Optez pour Strix Halo si…
- Le budget est votre principale contrainte
- Vous faites de l'inférence LLM locale mono-utilisateur ou des tâches d'IA créative
- L'efficacité énergétique ou la portabilité comptent pour vous
- Vous êtes à l'aise avec les outils ROCm et Ollama
Optez pour DGX Spark si…
- Vous avez besoin d'un service vLLM multi-utilisateurs de niveau production
- La dépendance à l'écosystème CUDA n'est pas négociable
- La vitesse de génération d'images ou de fine-tuning est cruciale
- Un support entreprise et une fiabilité clé en main sont nécessaires
Tableau comparatif final
Catégorie | Strix Halo | DGX Spark |
|---|---|---|
Débit LLM (mono-utilisateur) | ★★★★☆ | ★★★★★ |
Service vLLM | ★★★☆☆ | ★★★★★ |
Génération d'images | ★★★☆☆ | ★★★★★ |
Efficacité énergétique | ★★★★★ | ★★★☆☆ |
Maturité logicielle | ★★★☆☆ | ★★★★★ |
Rapport qualité-prix | ★★★★★ | ★★★☆☆ |
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